Hello tout le monde, aujourdâhui ça va ĂȘtre un format un peu spĂ©cial puisque nous allons parler de mon travail au conseil Municipal ainsi quâau conseil MĂ©tropolitain.
Câest un format que je compte renouveler durant toute la pĂ©riode de mon mandat, Ă priori nous allons partir sur une vidĂ©o par mois.
Dans un premier temps je vais me prĂ©senter car vous ne me connaissez peut-ĂȘtre pas toutes et tous, ensuite nous allons attaquer la partie qui nous intĂ©resse, Ă savoir mes premiĂšres impressions des conseils municipaux et mĂ©tropolitains, les points « polĂ©miques » notamment, puis enfin, nous discuterons de la suite…
Le texte intégral de ma revue mensuelle :
1- PrĂ©sentation dâOdile, du format et de ses objectifs
2- PremiÚres impressions des Conseils Municipaux et Métropolitains
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1- PrĂ©sentation dâOdile et du format
Hello tout le monde, aujourdâhui ça va ĂȘtre un format un peu spĂ©cial puisque nous allons parler de mon travail au conseil Municipal ainsi quâau conseil MĂ©tropolitain. Câest un format que je compte renouveler durant toute la pĂ©riode de mon mandat, Ă priori nous allons partir sur une vidĂ©o par mois.
Dans un premier temps je vais me prĂ©senter car vous ne me connaissez peut-ĂȘtre pas toutes et tous, ensuite nous allons attaquer la partie qui nous intĂ©resse, Ă savoir mes premiĂšres impressions des conseils municipaux et mĂ©tropolitains, les points « polĂ©miques » notamment, puis enfin, nous discuterons de la suite…
Donc pour me (re)prĂ©senter, moi câest Odile Maurin, je suis Ă©lue au sein du Conseil Municipal de Toulouse et du Conseil de la MĂ©tropole dans le groupe dâopposition des Ă©lus dâArchipel Citoyen.
Avant toute chose, expliquons Archipel Citoyen. Alors câest une liste citoyenne municipaliste qui sâest constituĂ©e Ă partir de personnes tirĂ©es au sort, de personnes plĂ©biscitĂ©es et dâautres candidats. Plus des reprĂ©sentants de partis de gauche. Archipel Citoyen a Ă©laborĂ© son programme avec les habitants au sein de cercles de quartier ou cercles thĂ©matiques.
Ce qui fait ma singularitĂ© dans le champs politique, câest que je suis une personne en situation de handicap, une personne diffĂ©rente.
Je suis porteuse dâune maladie gĂ©nĂ©tique rare qui mâoblige Ă me dĂ©placer en fauteuil roulant Ă©lectrique, je suis fatigable, souffre de douleurs chroniques et suis fragile sur le plan infectieux. Par ailleurs, en tant quâAsperger, je prĂ©sente une personnalitĂ© et des besoins atypiques, notamment un fort besoin de stimulation et de compensation de mes troubles cognitifs, invisibles.
Je prĂ©side une association de dĂ©fense des droits des personnes en situation de handicap, Handi-Social, depuis prĂšs de 20 ans, et jâai aussi Ă©tĂ© fondatrice et prĂ©sidente dâune association de rĂ©duction des risques liĂ©s Ă lâusage des drogues dans les annĂ©es 90.
Pour la dĂ©fense de mes propres droits, Ă lâoccasion dâun combat qui a durĂ© prĂšs de 10 ans, jâai acquis une expertise sur le droit du handicap et jâai dâailleurs fait condamner lâĂtat devant le Conseil dâĂtat. Ce dernier a reconnu que le dĂ©faut de motivation des dĂ©cisions de la COTOREP mâavait causĂ© un prĂ©judice indemnisable, Ă cause de lâabsence dâexplications et de justifications des refus de droits qui mâĂ©taient opposĂ©s, alors mĂȘme que je produisais de nombreux certificats mĂ©dicaux, et que jâargumentais en mâappuyant sur les barĂšmes en vigueur.
ConcrĂštement, jâai passĂ© prĂšs de 10 ans enfermĂ©e dans mon domicile, en manque dâhygiĂšne, de soin et dâaide. Pour gagner, je me suis farcie la lecture du code du travail et de la sĂ©curitĂ© sociale, intĂ©gralement.
Avec Handi-Social, jâai accompagnĂ© de nombreuses situations individuelles, et obtenu pas mal de rĂ©sultats pour ces personnes. Mais rien ne changeait fondamentalement et il y avait de plus en plus de personnes qui avaient besoin dâaide. Puis aprĂšs lâespoir donnĂ© par la loi de 2005, nous avons enregistrĂ© des premiers reculs Ă partir de 2010. Notamment sur lâaccessibilitĂ© en 2014 et en 2018.
En 2014 lâordonnance accessibilitĂ© a mis fin Ă lâaccessibilitĂ© des transports en limitant les arrĂȘts accessibles aux plus frĂ©quentĂ©s et il y a eu aussi des reculs sur le logement et les ERP. Plus de nouveaux dĂ©lais jusquâĂ 10 ans alors que nous attendons depuis 45 ans.
Puis en 2018 la Loi Elan a divisé par cinq la production de logements neufs accessibles.
Alors, avec dâautres, nous nous sommes inspirĂ©s des activistes amĂ©ricains qui par la dĂ©sobĂ©issance civile non violente avaient permis de faire avancer leurs droits.
Entre 2013 et 2015, jâai fait un bref sĂ©jour au sein de lâassociation des ParalysĂ©s de France et dĂ©couvert quâon ne pouvait finalement pas ĂȘtre gestionnaire et militant et quâil fallait choisir.
Avec Handi-Social ou avec dâautres nous avons tentĂ© de nous faire mieux entendre des pouvoirs publics : occupation de prĂ©fecture, de tribunaux et dâautres administrations, opĂ©rations « pĂ©age gratuit » en fauteuil roulant et canne blanche, blocage du convoi de lâAirbus A380, blocage dâun TGV, blocage de cimenteries, blocage des pistes de lâAĂ©roport de Toulouse, âŠ
Nous avions bien compris que les intĂ©rĂȘts financiers des grandes entreprises passaient largement avant nos droits, et nous voulions que notre parole porte loin et que les dĂ©cideurs cessent de sâattaquer Ă nos droits sous peine que nous nous attaquions Ă leurs intĂ©rĂȘts.
Toujours sans violence et sans casse bien entendu !
Nous avons obtenu quelques rĂ©sultats, bien insuffisants malgrĂ© tout, car les associations gestionnaires qui se prĂ©tendent revendicatives sont dans la collusion, le conflit dâintĂ©rĂȘt avec les pouvoirs publics et se contentent au mieux de vagues protestations.
Jâai aussi rejoint le mouvement des gilets jaunes Ă titre personnel, car cette soif de justice sur le plan social, environnemental et dĂ©mocratique me correspondait.
Jâai manifestĂ© de maniĂšre totalement pacifique mais jâai malheureusement dĂ» constater trĂšs vite que pour continuer Ă manifester il fallait se protĂ©ger avec un casque par rapport aux risques de tirs de LBD, et un masque Ă gaz, car je suis fragile sur le plan respiratoire.
MalgrĂ© la rĂ©pression qui sâabattait sur les Gilets Jaunes, et peut-ĂȘtre justement Ă cause dâelle, jâai persistĂ© Ă ĂȘtre prĂ©sente tous les samedis, toujours pacifique mais dĂ©terminĂ©e.
Et en mars 2019, alors que nous manifestions pacifiquement, un barrage de police nous a empĂȘchĂ©s de poursuivre et alors que nous demandions gentiment Ă pouvoir passer, nous avons Ă©tĂ© victimes de tirs de grenades lacrymogĂšnes et de canons Ă eau, sans sommation.
Jâai rĂ©sistĂ©, encore pacifiquement, en obstruant le passage du canon Ă eau avec mon fauteuil roulant et moi. Jâai aussi rappelĂ© Ă la police le danger de manipuler mon fauteuil Ă©lectrique et la vulnĂ©rabilitĂ© de mon corps. MalgrĂ© tout, lâofficier responsable mâa mise en danger en demandant aux policiers de me manipuler ainsi que mon fauteuil. RĂ©sultat, une trentaine dâhĂ©matomes sur tout le corps, une entorse et cinq fractures du pied.
Jâai portĂ© plainte et celle-ci a Ă©tĂ© classĂ©e sans suite, et deux policiers ont portĂ© plainte contre moi pour « violences sur agents dĂ©positaires de la force publique ». Jâai aussi Ă©tĂ© accusĂ©e de menaces, dâoutrages, mais aussi dâentrave Ă la circulation dâun vĂ©hicule de secours qui sâest rĂ©vĂ©lĂ© ĂȘtre le canon Ă eau (de la police, pas des pompiers).
Câest deux mois plus tard que jâai Ă©tĂ© plĂ©biscitĂ©e sur la liste dâArchipel Citoyen par deux gilets jaunes plutĂŽt Ă©loignĂ©s des urnes. Jâai acceptĂ© de jouer le jeu et de me soumettre aux votes des toulousains pensant que ma candidature serait Ă©cartĂ©e, mais jâai fini cinquiĂšme des votes.
Entre temps, jâavais commencĂ© Ă contribuer au programme pour les municipales, ce que je fais rĂ©guliĂšrement Ă chaque Ă©chĂ©ance avec de nombreuses organisations politiques.
Prise au jeu, avec dâautres candidats qui comme moi ne faisaient partis dâaucune organisation politique, certains plĂ©biscitĂ©s comme moi, dâautres tirĂ©s au sort, jâai finalement dĂ©cidĂ© dâaccepter mon rĂŽle de candidate.
Bien que jâai toujours dit que je ne voulais pas finir Ă©lue en charge du handicap, je me suis malgrĂ© tout investie sur les programmes transport, logement et urbanisme oĂč jâai apportĂ© mon expertise et veillĂ© Ă mettre en avant la question de la Conception Universelle sur laquelle jâai dĂ©jĂ fait des vidĂ©os explicatives et dont on pourra reparler Ă lâoccasion.
Jâai Ă©tĂ© particuliĂšrement sĂ©duite par le programme dĂ©mocratique mĂȘme sâil nâa pas toujours Ă©tĂ© facile de le dĂ©cliner en acte. Nous avons tous Ă©tĂ© Ă©duquĂ©s, formĂ©s dans un esprit de compĂ©tition, et non pas de collaboration, mais je crois vraiment Ă lâintelligence collective. Je pense quâil est malgrĂ© tout nĂ©cessaire de confronter les idĂ©es, mĂȘme vigoureusement. Il est important dâarriver Ă des dĂ©cisions consensuelles mais cela ne doit pas interdire le conflit car le consensus mou et les non-dits gĂ©nĂšrent des frustrations qui ressortent tĂŽt ou tard.
AprĂšs une sĂ©lection devant un jury citoyen pour les 100 premiers candidats retenus, jâai finalement fait partie de la liste des 69 candidats Ă la mairie de Toulouse. Lâune des originalitĂ©s de la liste a Ă©tĂ© aussi lâauto-ordonnancement : nous avons dĂ©battu et votĂ© avec des outils innovants pour Ă©lire notre tĂȘte de liste et dĂ©finir lâordre des candidats.
Jâai fini 6Ăšme sur la liste et jâai menĂ© ma premiĂšre campagne Ă©lectorale. Avec difficultĂ© car une des hypocrisies du systĂšme câest que je nâai eu aucun droit Ă des moyens de compensation de mes handicaps pour mener campagne, alors que le gouvernement et la secrĂ©taire dâĂtat nâont eu de cesse dâinciter les personnes handicapĂ©es Ă se prĂ©senter Ă des Ă©lections.
Il y a dâailleurs en thĂ©orie des moyens de compensation du handicap une fois quâon est Ă©lu mais il sâavĂšre finalement quâil manque encore des dĂ©crets pour appliquer la loi pour les mĂ©tropoles et que lâenveloppe existante pour la mairie est plus que symbolique.
Ce qui va dâailleurs devoir mâamener Ă me battre aussi pour avoir un assistant avec suffisamment dâheures pour participer avec moi aux conseils municipaux et mĂ©tropolitains, mais aussi pour mâassister pour la prĂ©paration des dossiers Ă Ă©tudier cinq jours avant les rĂ©unions. De mĂȘme pour les commissions auxquelles je devrai participer.
Câest dâailleurs une des constantes de ma vie que de devoir essuyer les plĂątres dans plein de domaines. En tant que fille qui voulait jouer au foot dans les annĂ©es 70 puis en tant que militante pour la rĂ©duction des risques liĂ©s aux usages de drogues, et enfin en tant que personne en situation de handicap qui tente dâavoir une vie citoyenne en 2020 et qui mesure lâĂ©cart entre les discours et les actes.
Câest en dĂ©cembre 2019, en dĂ©but de campagne, que jâai Ă©tĂ© jugĂ©e devant le tribunal correctionnel pour les supposĂ©es violences que jâaurai infligĂ©es Ă des policiers et autres accusations prĂ©citĂ©es avant. A ma grande stupĂ©faction, jâai Ă©tĂ© reconnue coupable de ces violences aprĂšs que le juge ait refusĂ© de visionner les vidĂ©os qui prouvaient que jâavais Ă©tĂ© victime de violences policiĂšres et face Ă des policiers qui ne fournissaient aucune preuve, aucun certificat mĂ©dicaux, aucun constat de mĂ©decine lĂ©gale. Jâai Ă©tĂ© condamnĂ©e Ă deux mois de prison avec sursis, un an dâinterdiction de manifestation en Haute-Garonne et plusieurs milliers dâeuros de dommages Ă verser aux policiers.
Quand les sondages nous ont positionnĂ©s comme challenger du maire actuel, Jean Luc Moudenc, jâai commencĂ© Ă subir des attaques de son camp, tendant Ă me prĂ©senter comme une personne violente capable dâagresser et de blesser des policiers, comme une casseuse, comme une reprĂ©sentante du dĂ©sordre appelant au meurtre des policiers.
Nous avons choisi de ne pas rĂ©pondre Ă cette campagne de caniveau ni aux attaques homophobes contre notre tĂȘte de liste et Ă dâautres attaques contre certains colistiers. Nous avons parlĂ© « projet », instaurĂ© une mĂ©thode de rĂ©daction programmatique qui parte de la parole des personnes concernĂ©es et nous avons finis second du premier tour.
Nous avons proposé aux deux autres listes menées par des socialistes et par Génération, de nous rejoindre à la proportionnelle de nos résultats respectifs. Une partie du PS a choisi délibérément de faciliter la réélection de Jean Luc Moudenc.
Les derniers jours nous avons senti la peur de Jean Luc Moudenc et de ses Ă©quipes qui se sont dĂ©chaĂźnĂ©es Ă mon Ă©gard et Ă lâĂ©gard de mes autres colistiers.
La campagne malodorante de Jean Luc Moudenc, homophobe, handiphobe, lui a permis de renouveler son mandat et comme jâĂ©tais en 8Ăšme position sur la liste du second tour, je me suis retrouvĂ©e Ă©lue dans lâopposition avec notre tĂȘte de liste et 14 autres colistiers et colistiĂšres. Je prĂ©cise que nous formons un groupe politique de 14 Ă©lus nommĂ© AC.
Depuis le rĂ©sultat du 2Ăšme tour, jâai participĂ© Ă deux conseils municipaux et deux conseils mĂ©tropolitains qui ont vu lâĂ©lection de Jean Luc Moudenc comme Maire de Toulouse et PrĂ©sident de la MĂ©tropole.
Non content dâavoir gagnĂ© de sale maniĂšre, Jean Luc Moudenc nâhĂ©site pas Ă refaire lâhistoire et Ă tenter dâhumilier ses adversaires.
Quâil le veuille ou non, nous serons une opposition rĂ©solue mais constructive et quant Ă moi je suis dĂ©terminĂ©e Ă continuer de dĂ©fendre les toulousains sur le terrain en accompagnant leurs luttes, leurs combats, leur voix, et Ă jouer mon rĂŽle dâĂ©lue en Ă©pluchant au mieux les projets de dĂ©libĂ©ration et en partageant les ordres du jour de ces deux Conseils pour faire appel Ă lâexpertise citoyenne.
Je suis intervenue sur le FIPHFP qui donne des moyens pour les agents en situation de handicap et jâai soulignĂ© les manquements de ce plan mais surtout lâĂ©cart entre les objectifs et le rĂ©alisĂ© dont la mairie ne parlait pas. Jâai aussi dĂ©noncĂ© la campagne de caniveau que jâavais subi et rappelĂ© la rĂ©alitĂ©.
Et parce que je crois Ă lâintelligence collective, jâinvite les toulousains et les habitants de la MĂ©tropole Ă nous faire remonter leurs luttes et leurs expertises afin de les mettre en lumiĂšre.
2- PremiÚres impressions des Conseils Municipaux et Métropolitains
Il devrait nây avoir que 4 conseils municipaux et 4 conseils mĂ©tropolitains par an, Jean Luc Moudenc considĂ©rant ces instances comme des chambres dâenregistrement et non comme des lieux de dĂ©bat, voulus par la RĂ©publique.
Pour la ville de Toulouse : Je participerai Ă la 5Ăšme commission nommĂ©e « QualitĂ© urbaine, bonne tenue de lâespace public » et Ă la commission dâattribution des aides pour « lâamĂ©lioration du logement des personnes ĂągĂ©es ».
Pour la MĂ©tropole : je me suis inscrite aux commissions suivantes : « habitat et logement », « mobilitĂ© », « voirie », « urbanisme et projets urbains » et pour finir, « propretĂ©, proximitĂ© et pĂŽles territoriaux ». Ăa peut faire beaucoup de commissions et ce ne sera jouable que si la mairie se dĂ©cide Ă rĂ©ellement sâengager dans la compensation de mes handicaps comme la loi le prĂ©voit mais sans que les textes rĂ©glementaires le permettent rĂ©ellement. Ăa va ĂȘtre lâoccasion pour la Mairie de Toulouse de dĂ©montrer le caractĂšre rĂ©ellement inclusif de sa politique, ou pas⊠Les actes parleront !
Le choix de ces cinq commissions est liĂ© Ă mon souhait de dĂ©fendre la conception universelle et donc Ă agir dans tous les domaines oĂč elle peut sâappliquer en matiĂšre dâaccessibilitĂ©. Mon but est de convaincre et dĂ©montrer Ă la majoritĂ© municipale et mĂ©tropolitaine quâelle peut enfin ĂȘtre rĂ©ellement inclusive sans sur-coĂ»ts majeurs sous rĂ©serve de traiter les problĂ©matiques en amont et jâaurai de nombreuses propositions en la matiĂšre.
Pour vous montrer lâintĂ©rĂȘt de suivre les conseils municipaux et mĂ©tropolitains, je vais lâillustrer par deux affaires qui ont Ă©tĂ© soulevĂ©es par les Ă©lus dâopposition Ă lâoccasion du dernier conseil mĂ©tropolitain.
3- Points polémiques
Deux dĂ©libĂ©rations prĂ©sentaient un caractĂšre particulier puisque lâune dâelle concernait le Maire de Saint-Jory, Thierry Fourcassier, qui voulait faire valider lâachat par la mĂ©tropole dâun terrain lui appartenant pour permettre lâaccĂšs au « SDIS », la future caserne des pompiers, alors quâil est Ă©lu de la MĂ©tropole. Notons que nombre dâĂ©lus du PS se sont « courageusement » abstenus de voter…
Et la deuxiĂšme dĂ©libĂ©ration se proposait de ramener de prĂšs de 6000⏠à 500⏠le montant Ă faire payer par la FDSEA (syndicat agricole trĂšs puissant) pour les dĂ©gĂąts occasionnĂ©s par les tonnes de purin dĂ©versĂ©es devant les portes de la PrĂ©fecture lors de leur derniĂšre manifestation et que la MĂ©tropole a du nettoyer Ă NOS frais. Curieusement il faut savoir que le PrĂ©sident de la FDSEA a soutenu officiellement la candidature de Jean Luc Moudenc Ă la Mairie et quand la presse sâest Ă©tonnĂ©e des largesses du maire Ă son Ă©gard, il a argumentĂ© en disant que les toulousains Ă©taient trĂšs contents car ça leur faisait de lâengrais pour leurs plantations. Par contre pour les gilets jaunes, dont on notera que, eux, nâont pas soutenu la candidature de Jean Luc Moudenc Ă la Mairie, ils ont juste droit Ă une rĂ©pression fĂ©roce, deux poids deux mesures ? Nous nous interrogeons.
Autre information Ă faire remonter, Ă mes yeux, aux oreilles des toulousains : la derniĂšre trahison dâune large partie du PS. Pour comprendre le fond de lâaffaire, il faut dâabord que je vous explique deux trois choses : Jean Luc Moudenc qui nâa pas rĂ©uni Ă la MĂ©tropole Ă lui tout seul, une majoritĂ©, a proposĂ© aux maires PS et PRG de la MĂ©tropole de signer un « pacte dâorientation et gouvernance partagĂ©es » (signĂ© le 16 juillet). Un nombre important de ces maires et Ă©lus a acceptĂ©, et sâest engagĂ© Ă voter pour la politique de Jean Luc Moudenc. Les calculs politiciens font fureur, je serai curieuse de savoir si les Ă©lecteurs de Pibrac, de Colomiers etc savent quâen votant pour le PS, ils ont de fait votĂ© pour mettre en place la politique de Jean Luc Moudenc ? AprĂšs le soutien affichĂ© par Carole Delga Ă lâĂ©gard de Jean Luc Moudenc, ça commence Ă faire beaucoup.
Jean Luc Moudenc en a profitĂ© pour priver lâopposition de la moindre responsabilitĂ© et plus grave, dâune participation MĂME minoritaire dans les organismes oĂč siĂšge la MĂ©tropole (ex : syndicat dĂ©partemental de lâeau en Haute-Garonne, âŠ) alors quâil y avait 81 places pour les Ă©lus mĂ©tropolitains. Lâopposition nâen nâaura que deux.
Pour OpidĂ©a et Europolia, aucun reprĂ©sentant alors que ces organismes vont traiter de la Tour Occitanie, de lâamĂ©nagement urbain autour de la gare et de la plupart des autres amĂ©nagements urbains qui sont des questions majeures pour les toulousains. Que veut-on cacher Ă lâopposition et aux toulousains ? Nous nous interrogeons.
Autre sujet majeur sur lequel Jean Luc Moudenc ne laisse aucun moyen Ă lâopposition de sâexprimer alors mĂȘme que cela impacte et va impacter de plus en plus la vie quotidienne des personnes les plus fragilisĂ©es par la crise, câest la question des extensions de terrasse qui sont soit disant destinĂ©es Ă sauver les commerçants. En rĂ©alitĂ©, les personnes Ă mobilitĂ© rĂ©duite et notamment les personnes aveugles sont maintenant privĂ©es de leur libertĂ© de circuler de maniĂšre autonome en ville alors que la majoritĂ© des terrasses accordĂ©es concerne les plus gros Ă©tablissements et lâon peut constater que les commerces qui Ă©taient dĂ©jĂ favorisĂ©s, le sont encore plus. Les liens dâamitiĂ©s qui lient un certain nombre dâentre eux avec Jean Luc Moudenc sont ils le fait du hasard ?
Il faut savoir que les personnes aveugles pour pouvoir se dĂ©placer de maniĂšre autonome en ville se guident avec leur canne en longeant les façades des immeubles et sont alertĂ©es par des marquages au sol pour les changements de direction et pour sâorienter. En laissant les terrasses sâinstaller de maniĂšre anarchique et notamment le long des façades, la Mairie a rendu impossible la circulation autonome des aveugles. De la mĂȘme maniĂšre les personnes qui se dĂ©placent en fauteuil roulant sont obligĂ©es de circuler sur la chaussĂ©e au risque de se faire renverser par une voiture parce que les trottoirs sont encombrĂ©s par les terrasses et que la police municipale se garde bien de faire respecter les engagements pris officiellement par la Mairie avec les commerçants. Des associations de riverains se sont dĂ©jĂ plaintes, notamment des nuisances sonores, mais elles ne sont pas plus Ă©coutĂ©es que les associations de personnes handicapĂ©es qui nâont mĂȘme pas Ă©tĂ© invitĂ©es Ă dĂ©battre dâun sujet qui les concerne pourtant au premier chef.
Pour le reste, Ă cause de mon dĂ©mĂ©nagement qui a beaucoup dĂ©sorganisĂ© ma vie personnelle, sans parler des problĂšmes rĂ©currents dâauxiliaire de vie Ă domicile, je nâai pas rĂ©ussi Ă prĂ©parer Ă temps deux interventions que je comptais faire : une sur la tarification pour les personnes Ă mobilitĂ© rĂ©duite au théùtre du Capitole et Ă la Halle au Grain. Et une autre sur la maniĂšre dont sont traitĂ©s les clubs sportifs des quartiers dits « populaires ». Malheureusement quand jâai fini de prĂ©parer mes interventions, je me suis rendue compte que les dĂ©libĂ©rations concernĂ©es Ă©taient dĂ©jĂ passĂ©es ! Ces conseils municipaux et mĂ©tropolitains sont trĂšs intensifs et difficiles Ă suivre pour des personnes qui prĂ©sentent comme moi des troubles cognitifs. Jean Luc Moudenc considĂšre ces instances comme des chambres dâenregistrement et il blinde les ODJ de façon Ă fatiguer lâopposition.
Comptez sur moi pour me battre au maximum de deux maniÚres : en opposante résolue, bien sur, chaque fois que les droits des toulousains seront bafoués mais aussi, en étant une force de proposition et en utilisant toute ma singularité pour proposer des innovations.
La question qui reste maintenant est de savoir si Jean-Luc Moudenc est dĂ©cidĂ© Ă jouer de mes dĂ©ficiences, singularitĂ©s et incapacitĂ©s pour mâempĂȘcher de mener Ă bien mes missions Ă Ă©galitĂ© avec les valides en me refusant des moyens suffisants de compensation de mes handicaps. Jâose espĂ©rer quâaprĂšs lâhomophobie, il ne versera pas dans lâhandiphobie⊠!
Et quâau contraire il rappellera Ă ses amis politiques et notamment Ă la secrĂ©taire dâĂtat en charge des personnes en situation de handicap que câest trĂšs bien dâinciter les personnes en situation de handicap Ă sâengager en politique mais que câest encore mieux de permettre lâapplication de la loi avec des textes rĂ©glementaires qui rĂ©pondent rĂ©ellement aux besoins. En quâen attendant cette nĂ©cessaire Ă©volution, il aura Ă cĆur de dĂ©montrer en acte la rĂ©alitĂ© de sa politique dite « inclusive ».
Pour lâinstant je bĂ©nĂ©ficie dâune aide en partie bĂ©nĂ©vole mais cela sâarrĂȘte dĂ©but Septembre. Merci dâailleurs Ă Nikola pour son aide.
4- La suite
Je suis en train de rĂ©aliser un site internet sur lequel seront publiĂ©es les vidĂ©os, jây partagerai aussi les ordres du jour des conseils de la ville et de la mĂ©tropole dĂšs que je les aurai, câest Ă dire 5 jours avant et jâinviterai tous les toulousains qui le souhaitent Ă contribuer sur les sujets posĂ©s. Donc guettez les rĂ©seaux sociaux, le site est bientĂŽt prĂȘt !
Autre prĂ©cision, il est important de rappeler que le fonctionnement dĂ©mocratique tel quâil est instituĂ© ne permet pas dâintervenir sur dâautres sujets que les dĂ©libĂ©rations proposĂ©es. Il y a nĂ©anmoins possibilitĂ© de poser des questions diverses mais on doit le demander Ă lâavance.
Je souhaite aussi accompagner les toulousains et ĂȘtre Ă leurs cĂŽtĂ©s dans les combats quâils voudront mener Ă lâĂ©chelle de la ville mais aussi Ă lâĂ©chelle de chacun de leurs quartiers de façon Ă faire remonter leurs difficultĂ©s et leurs demandes. Dans cette optique je compte rĂ©aliser rĂ©guliĂšrement tout au long de mon mandat des vidĂ©os qui seront des occasions de donner la parole Ă des toulousains concernĂ©s et de visibiliser les problĂ©matiques et les luttes diverses.
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