Odile MAURIN

Odile Maurin le 9 septembre 2020
Image de Par Odile MAURIN

Par Odile MAURIN

📌 Revue Mensuelle N°1 📌 Retour sur les premiers conseils / DĂ©ni de dĂ©mocratie / Handiphobie

Hello tout le monde, aujourd’hui ça va ĂȘtre un format un peu spĂ©cial puisque nous allons parler de mon travail au conseil Municipal ainsi qu’au conseil MĂ©tropolitain.

C’est un format que je compte renouveler durant toute la pĂ©riode de mon mandat, Ă  priori nous allons partir sur une vidĂ©o par mois.

Dans un premier temps je vais me prĂ©senter car vous ne me connaissez peut-ĂȘtre pas toutes et tous, ensuite nous allons attaquer la partie qui nous intĂ©resse, Ă  savoir mes premiĂšres impressions des conseils municipaux et mĂ©tropolitains, les points « polĂ©miques » notamment, puis enfin, nous discuterons de la suite…

Direct d’Odile Maurin du 9 septembre 2020

Le texte intégral de ma revue mensuelle :

1- PrĂ©sentation d’Odile, du format et de ses objectifs

2- PremiÚres impressions des Conseils Municipaux et Métropolitains

3- Points polémiques

4- La suite

________________________________________


1- PrĂ©sentation d’Odile et du format

Hello tout le monde, aujourd’hui ça va ĂȘtre un format un peu spĂ©cial puisque nous allons parler de mon travail au conseil Municipal ainsi qu’au conseil MĂ©tropolitain. C’est un format que je compte renouveler durant toute la pĂ©riode de mon mandat, Ă  priori nous allons partir sur une vidĂ©o par mois.

Dans un premier temps je vais me prĂ©senter car vous ne me connaissez peut-ĂȘtre pas toutes et tous, ensuite nous allons attaquer la partie qui nous intĂ©resse, Ă  savoir mes premiĂšres impressions des conseils municipaux et mĂ©tropolitains, les points « polĂ©miques » notamment, puis enfin, nous discuterons de la suite…

Donc pour me (re)prĂ©senter, moi c’est Odile Maurin, je suis Ă©lue au sein du Conseil Municipal de Toulouse et du Conseil de la MĂ©tropole dans le groupe d’opposition des Ă©lus d’Archipel Citoyen.

Avant toute chose, expliquons Archipel Citoyen. Alors c’est une liste citoyenne municipaliste qui s’est constituĂ©e Ă  partir de personnes tirĂ©es au sort, de personnes plĂ©biscitĂ©es et d’autres candidats. Plus des reprĂ©sentants de partis de gauche. Archipel Citoyen a Ă©laborĂ© son programme avec les habitants au sein de cercles de quartier ou cercles thĂ©matiques.

Ce qui fait ma singularitĂ© dans le champs politique, c’est que je suis une personne en situation de handicap, une personne diffĂ©rente.

Je suis porteuse d’une maladie gĂ©nĂ©tique rare qui m’oblige Ă  me dĂ©placer en fauteuil roulant Ă©lectrique, je suis fatigable, souffre de douleurs chroniques et suis fragile sur le plan infectieux. Par ailleurs, en tant qu’Asperger, je prĂ©sente une personnalitĂ© et des besoins atypiques, notamment un fort besoin de stimulation et de compensation de mes troubles cognitifs, invisibles.

Je prĂ©side une association de dĂ©fense des droits des personnes en situation de handicap, Handi-Social, depuis prĂšs de 20 ans, et j’ai aussi Ă©tĂ© fondatrice et prĂ©sidente d’une association de rĂ©duction des risques liĂ©s Ă  l’usage des drogues dans les annĂ©es 90.

Pour la dĂ©fense de mes propres droits, Ă  l’occasion d’un combat qui a durĂ© prĂšs de 10 ans, j’ai acquis une expertise sur le droit du handicap et j’ai d’ailleurs fait condamner l’État devant le Conseil d’État. Ce dernier a reconnu que le dĂ©faut de motivation des dĂ©cisions de la COTOREP m’avait causĂ© un prĂ©judice indemnisable, Ă  cause de l’absence d’explications et de justifications des refus de droits qui m’étaient opposĂ©s, alors mĂȘme que je produisais de nombreux certificats mĂ©dicaux, et que j’argumentais en m’appuyant sur les barĂšmes en vigueur.

ConcrĂštement, j’ai passĂ© prĂšs de 10 ans enfermĂ©e dans mon domicile, en manque d’hygiĂšne, de soin et d’aide. Pour gagner, je me suis farcie la lecture du code du travail et de la sĂ©curitĂ© sociale, intĂ©gralement.

Avec Handi-Social, j’ai accompagnĂ© de nombreuses situations individuelles, et obtenu pas mal de rĂ©sultats pour ces personnes. Mais rien ne changeait fondamentalement et il y avait de plus en plus de personnes qui avaient besoin d’aide. Puis aprĂšs l’espoir donnĂ© par la loi de 2005, nous avons enregistrĂ© des premiers reculs Ă  partir de 2010. Notamment sur l’accessibilitĂ© en 2014 et en 2018.

En 2014 l’ordonnance accessibilitĂ© a mis fin Ă  l’accessibilitĂ© des transports en limitant les arrĂȘts accessibles aux plus frĂ©quentĂ©s et il y a eu aussi des reculs sur le logement et les ERP. Plus de nouveaux dĂ©lais jusqu’à 10 ans alors que nous attendons depuis 45 ans.

Puis en 2018 la Loi Elan a divisé par cinq la production de logements neufs accessibles.

Alors, avec d’autres, nous nous sommes inspirĂ©s des activistes amĂ©ricains qui par la dĂ©sobĂ©issance civile non violente avaient permis de faire avancer leurs droits.

Entre 2013 et 2015, j’ai fait un bref sĂ©jour au sein de l’association des ParalysĂ©s de France et dĂ©couvert qu’on ne pouvait finalement pas ĂȘtre gestionnaire et militant et qu’il fallait choisir.

Avec Handi-Social ou avec d’autres nous avons tentĂ© de nous faire mieux entendre des pouvoirs publics : occupation de prĂ©fecture, de tribunaux et d’autres administrations, opĂ©rations « pĂ©age gratuit » en fauteuil roulant et canne blanche, blocage du convoi de l’Airbus A380, blocage d’un TGV, blocage de cimenteries, blocage des pistes de l’AĂ©roport de Toulouse, 


Nous avions bien compris que les intĂ©rĂȘts financiers des grandes entreprises passaient largement avant nos droits, et nous voulions que notre parole porte loin et que les dĂ©cideurs cessent de s’attaquer Ă  nos droits sous peine que nous nous attaquions Ă  leurs intĂ©rĂȘts.

Toujours sans violence et sans casse bien entendu !

Nous avons obtenu quelques rĂ©sultats, bien insuffisants malgrĂ© tout, car les associations gestionnaires qui se prĂ©tendent revendicatives sont dans la collusion, le conflit d’intĂ©rĂȘt avec les pouvoirs publics et se contentent au mieux de vagues protestations.

J’ai aussi rejoint le mouvement des gilets jaunes Ă  titre personnel, car cette soif de justice sur le plan social, environnemental et dĂ©mocratique me correspondait.

J’ai manifestĂ© de maniĂšre totalement pacifique mais j’ai malheureusement dĂ» constater trĂšs vite que pour continuer Ă  manifester il fallait se protĂ©ger avec un casque par rapport aux risques de tirs de LBD, et un masque Ă  gaz, car je suis fragile sur le plan respiratoire.

MalgrĂ© la rĂ©pression qui s’abattait sur les Gilets Jaunes, et peut-ĂȘtre justement Ă  cause d’elle, j’ai persistĂ© Ă  ĂȘtre prĂ©sente tous les samedis, toujours pacifique mais dĂ©terminĂ©e.

Et en mars 2019, alors que nous manifestions pacifiquement, un barrage de police nous a empĂȘchĂ©s de poursuivre et alors que nous demandions gentiment Ă  pouvoir passer, nous avons Ă©tĂ© victimes de tirs de grenades lacrymogĂšnes et de canons Ă  eau, sans sommation.

J’ai rĂ©sistĂ©, encore pacifiquement, en obstruant le passage du canon Ă  eau avec mon fauteuil roulant et moi. J’ai aussi rappelĂ© Ă  la police le danger de manipuler mon fauteuil Ă©lectrique et  la vulnĂ©rabilitĂ© de mon corps. MalgrĂ© tout, l’officier responsable m’a mise en danger en demandant aux policiers de me manipuler ainsi que mon fauteuil. RĂ©sultat, une trentaine d’hĂ©matomes sur tout le corps, une entorse et cinq fractures du pied.

J’ai portĂ© plainte et celle-ci a Ă©tĂ© classĂ©e sans suite, et deux policiers ont portĂ© plainte contre moi pour « violences sur agents dĂ©positaires de la force publique ». J’ai aussi Ă©tĂ© accusĂ©e de menaces, d’outrages, mais aussi d’entrave Ă  la circulation d’un vĂ©hicule de secours qui s’est rĂ©vĂ©lĂ© ĂȘtre le canon Ă  eau (de la police, pas des pompiers).

C’est deux mois plus tard que j’ai Ă©tĂ© plĂ©biscitĂ©e sur la liste d’Archipel Citoyen par deux gilets jaunes plutĂŽt Ă©loignĂ©s des urnes. J’ai acceptĂ© de jouer le jeu et de me soumettre aux votes des toulousains pensant que ma candidature serait Ă©cartĂ©e, mais j’ai fini cinquiĂšme des votes.

Entre temps, j’avais commencĂ© Ă  contribuer au programme pour les municipales, ce que je fais rĂ©guliĂšrement Ă  chaque Ă©chĂ©ance avec de nombreuses organisations politiques.

Prise au jeu, avec d’autres candidats qui comme moi ne faisaient partis d’aucune organisation politique, certains plĂ©biscitĂ©s comme moi, d’autres tirĂ©s au sort, j’ai finalement dĂ©cidĂ© d’accepter mon rĂŽle de candidate.

Bien que j’ai toujours dit que je ne voulais pas finir Ă©lue en charge du handicap, je me suis malgrĂ© tout investie sur les programmes transport, logement et urbanisme oĂč j’ai apportĂ© mon expertise et veillĂ© Ă  mettre en avant la question de la Conception Universelle sur laquelle j’ai dĂ©jĂ  fait des vidĂ©os explicatives et dont on pourra reparler Ă  l’occasion.

J’ai Ă©tĂ© particuliĂšrement sĂ©duite par le programme dĂ©mocratique mĂȘme s’il n’a pas toujours Ă©tĂ© facile de le dĂ©cliner en acte. Nous avons tous Ă©tĂ© Ă©duquĂ©s, formĂ©s dans un esprit de compĂ©tition, et non pas de collaboration, mais je crois vraiment Ă  l’intelligence collective. Je pense qu’il est malgrĂ© tout nĂ©cessaire de confronter les idĂ©es, mĂȘme vigoureusement. Il est important d’arriver Ă  des dĂ©cisions consensuelles mais cela ne doit pas interdire le conflit car le consensus mou et les non-dits gĂ©nĂšrent des frustrations qui ressortent tĂŽt ou tard.

AprĂšs une sĂ©lection devant un jury citoyen pour les 100 premiers candidats retenus, j’ai finalement fait partie de la liste des 69 candidats Ă  la mairie de Toulouse. L’une des originalitĂ©s de la liste a Ă©tĂ© aussi l’auto-ordonnancement : nous avons dĂ©battu et votĂ© avec des outils innovants pour Ă©lire notre tĂȘte de liste et dĂ©finir l’ordre des candidats.

J’ai fini 6Ăšme sur la liste et j’ai menĂ© ma premiĂšre campagne Ă©lectorale. Avec difficultĂ© car une des hypocrisies du systĂšme c’est que je n’ai eu aucun droit Ă  des moyens de compensation de mes handicaps pour mener campagne, alors que le gouvernement et la secrĂ©taire d’État n’ont eu de cesse d’inciter les personnes handicapĂ©es Ă  se prĂ©senter Ă  des Ă©lections.

Il y a d’ailleurs en thĂ©orie des moyens de compensation du handicap une fois qu’on est Ă©lu mais il s’avĂšre finalement qu’il manque encore des dĂ©crets pour appliquer la loi pour les mĂ©tropoles et que l’enveloppe existante pour la mairie est plus que symbolique.

Ce qui va d’ailleurs devoir m’amener Ă  me battre aussi pour avoir un assistant avec suffisamment d’heures pour participer avec moi aux conseils municipaux et mĂ©tropolitains, mais aussi pour m’assister pour la prĂ©paration des dossiers Ă  Ă©tudier cinq jours avant les rĂ©unions. De mĂȘme pour les commissions auxquelles je devrai participer.

C’est d’ailleurs une des constantes de ma vie que de devoir essuyer les plĂątres dans plein de domaines. En tant que fille qui voulait jouer au foot dans les annĂ©es 70 puis en tant que militante pour la rĂ©duction des risques liĂ©s aux usages de drogues, et enfin en tant que personne en situation de handicap qui tente d’avoir une vie citoyenne en 2020 et qui mesure l’écart entre les discours et les actes.

C’est en dĂ©cembre 2019, en dĂ©but de campagne, que j’ai Ă©tĂ© jugĂ©e devant le tribunal correctionnel pour les supposĂ©es violences que j’aurai infligĂ©es Ă  des policiers et autres accusations prĂ©citĂ©es avant. A ma grande stupĂ©faction, j’ai Ă©tĂ© reconnue coupable de ces violences aprĂšs que le juge ait refusĂ© de visionner les vidĂ©os qui prouvaient que j’avais Ă©tĂ© victime de violences policiĂšres et face Ă  des policiers qui ne fournissaient aucune preuve, aucun certificat mĂ©dicaux, aucun constat de mĂ©decine lĂ©gale. J’ai Ă©tĂ© condamnĂ©e Ă  deux mois de prison avec sursis, un an d’interdiction de manifestation en Haute-Garonne et plusieurs milliers d’euros de dommages Ă  verser aux policiers.

Quand les sondages nous ont positionnĂ©s comme challenger du maire actuel, Jean Luc Moudenc, j’ai commencĂ© Ă  subir des attaques de son camp, tendant Ă  me prĂ©senter comme une personne violente capable d’agresser et de blesser des policiers, comme une casseuse, comme une reprĂ©sentante du dĂ©sordre appelant au meurtre des policiers.

Nous avons choisi de ne pas rĂ©pondre Ă  cette campagne de caniveau ni aux attaques homophobes contre notre tĂȘte de liste et Ă  d’autres attaques contre certains colistiers. Nous avons parlĂ© « projet », instaurĂ© une mĂ©thode de rĂ©daction programmatique qui parte de la parole des personnes concernĂ©es et nous avons finis second du premier tour.

Nous avons proposé aux deux autres listes menées par des socialistes et par Génération, de nous rejoindre à la proportionnelle de nos résultats respectifs. Une partie du PS a choisi délibérément de faciliter la réélection de Jean Luc Moudenc.

Les derniers jours nous avons senti la peur de Jean Luc Moudenc et de ses Ă©quipes qui se sont dĂ©chaĂźnĂ©es Ă  mon Ă©gard et Ă  l’égard de mes autres colistiers.

La campagne malodorante de Jean Luc Moudenc, homophobe, handiphobe, lui a permis de renouveler son mandat et comme j’étais en 8Ăšme position sur la liste du second tour, je me suis retrouvĂ©e Ă©lue dans l’opposition avec notre tĂȘte de liste et 14 autres colistiers et colistiĂšres. Je prĂ©cise que nous formons un groupe politique de 14 Ă©lus nommĂ© AC.

Depuis le rĂ©sultat du 2Ăšme tour, j’ai participĂ© Ă  deux conseils municipaux et deux conseils mĂ©tropolitains qui ont vu l’élection de Jean Luc Moudenc comme Maire de Toulouse et PrĂ©sident de la MĂ©tropole.

Non content d’avoir gagnĂ© de sale maniĂšre, Jean Luc Moudenc n’hĂ©site pas Ă  refaire l’histoire et Ă  tenter d’humilier ses adversaires.

Qu’il le veuille ou non, nous serons une opposition rĂ©solue mais constructive et quant Ă  moi je suis dĂ©terminĂ©e Ă  continuer de dĂ©fendre les toulousains sur le terrain en accompagnant leurs luttes, leurs combats, leur voix, et Ă  jouer mon rĂŽle d’élue en Ă©pluchant au mieux les projets de dĂ©libĂ©ration et en partageant les ordres du jour de ces deux Conseils pour faire appel Ă  l’expertise citoyenne. 

Je suis intervenue sur le FIPHFP qui donne des moyens pour les agents en situation de handicap et j’ai soulignĂ© les manquements de ce plan mais surtout l’écart entre les objectifs et le rĂ©alisĂ© dont la mairie ne parlait pas. J’ai aussi dĂ©noncĂ© la campagne de caniveau que j’avais subi et rappelĂ© la rĂ©alitĂ©.

Et parce que je crois Ă  l’intelligence collective, j’invite les toulousains et les habitants de la MĂ©tropole Ă  nous faire remonter leurs luttes et leurs expertises afin de les mettre en lumiĂšre.

2- PremiÚres impressions des Conseils Municipaux et Métropolitains

Il devrait n’y avoir que 4 conseils municipaux et 4 conseils mĂ©tropolitains par an, Jean Luc Moudenc considĂ©rant ces instances comme des chambres d’enregistrement et non comme des lieux de dĂ©bat, voulus par la RĂ©publique.

Pour la ville de Toulouse : Je participerai Ă  la 5Ăšme commission nommĂ©e « QualitĂ© urbaine, bonne tenue de l’espace public » et Ă  la commission d’attribution des aides pour « l’amĂ©lioration du logement des personnes ĂągĂ©es ».

Pour la MĂ©tropole : je me suis inscrite aux commissions suivantes : « habitat et logement », « mobilitĂ© », « voirie », « urbanisme et projets urbains » et pour finir, « propretĂ©, proximitĂ© et pĂŽles territoriaux ». Ça peut faire beaucoup de commissions et ce ne sera jouable que si la mairie se dĂ©cide Ă  rĂ©ellement s’engager dans la compensation de mes handicaps comme la loi le prĂ©voit mais sans que les textes rĂ©glementaires le permettent rĂ©ellement. Ça va ĂȘtre l’occasion pour la Mairie de Toulouse de dĂ©montrer le caractĂšre rĂ©ellement inclusif de sa politique, ou pas
 Les actes parleront !

Le choix de ces cinq commissions est liĂ© Ă  mon souhait de dĂ©fendre la conception universelle et donc Ă  agir dans tous les domaines oĂč elle peut s’appliquer en matiĂšre d’accessibilitĂ©. Mon but est de convaincre et dĂ©montrer Ă  la majoritĂ© municipale et mĂ©tropolitaine qu’elle peut enfin ĂȘtre rĂ©ellement inclusive sans sur-coĂ»ts majeurs sous rĂ©serve de traiter les problĂ©matiques en amont et j’aurai de nombreuses propositions en la matiĂšre.

Pour vous montrer l’intĂ©rĂȘt de suivre les conseils municipaux et mĂ©tropolitains, je vais l’illustrer par deux affaires qui ont Ă©tĂ© soulevĂ©es par les Ă©lus d’opposition Ă  l’occasion du dernier conseil mĂ©tropolitain.


3- Points polémiques

Deux dĂ©libĂ©rations prĂ©sentaient un caractĂšre particulier puisque l’une d’elle concernait le Maire de Saint-Jory, Thierry Fourcassier, qui voulait faire valider l’achat par la mĂ©tropole d’un terrain lui appartenant pour permettre l’accĂšs au « SDIS », la future caserne des pompiers, alors qu’il est Ă©lu de la MĂ©tropole. Notons que nombre d’élus du PS se sont « courageusement » abstenus de voter…

Et la deuxiĂšme dĂ©libĂ©ration se proposait de ramener de prĂšs de 6000€ Ă  500€ le montant Ă  faire payer par la FDSEA (syndicat agricole trĂšs puissant) pour les dĂ©gĂąts occasionnĂ©s par les tonnes de purin dĂ©versĂ©es devant les portes de la PrĂ©fecture lors de leur derniĂšre manifestation et que la MĂ©tropole a du nettoyer Ă  NOS frais. Curieusement il faut savoir que le PrĂ©sident de la FDSEA a soutenu officiellement la candidature de Jean Luc Moudenc Ă  la Mairie et quand la presse s’est Ă©tonnĂ©e des largesses du maire Ă  son Ă©gard, il a argumentĂ© en disant que les toulousains Ă©taient trĂšs contents car ça leur faisait de l’engrais pour leurs plantations. Par contre pour les gilets jaunes, dont on notera que, eux, n’ont pas soutenu la candidature de Jean Luc Moudenc Ă  la Mairie, ils ont juste droit Ă  une rĂ©pression fĂ©roce, deux poids deux mesures ? Nous nous interrogeons.

Autre information Ă  faire remonter, Ă  mes yeux, aux oreilles des toulousains : la derniĂšre trahison d’une large partie du PS. Pour comprendre le fond de l’affaire, il faut d’abord que je vous explique deux trois choses : Jean Luc Moudenc qui n’a pas rĂ©uni Ă  la MĂ©tropole Ă  lui tout seul, une majoritĂ©, a proposĂ© aux maires PS et PRG de la MĂ©tropole de signer un « pacte d’orientation et gouvernance partagĂ©es » (signĂ© le 16 juillet). Un nombre important de ces maires et Ă©lus a acceptĂ©, et s’est engagĂ© Ă  voter pour la politique de Jean Luc Moudenc. Les calculs politiciens font fureur, je serai curieuse de savoir si les Ă©lecteurs de Pibrac, de Colomiers etc savent qu’en votant pour le PS, ils ont de fait votĂ© pour mettre en place la politique de Jean Luc Moudenc ? AprĂšs le soutien affichĂ© par Carole Delga Ă  l’égard de Jean Luc Moudenc, ça commence Ă  faire beaucoup.

Jean Luc Moudenc en a profitĂ© pour priver l’opposition de la moindre responsabilitĂ© et plus grave, d’une participation MÊME minoritaire dans les organismes oĂč siĂšge la MĂ©tropole (ex : syndicat dĂ©partemental de l’eau en Haute-Garonne, 
) alors qu’il y avait 81 places pour les Ă©lus mĂ©tropolitains. L’opposition n’en n’aura que deux.

Pour OpidĂ©a et Europolia, aucun reprĂ©sentant alors que ces organismes vont traiter de la Tour Occitanie, de l’amĂ©nagement urbain autour de la gare et de la plupart des autres amĂ©nagements urbains qui sont des questions majeures pour les toulousains. Que veut-on cacher Ă  l’opposition et aux toulousains ? Nous nous interrogeons.

Autre sujet majeur sur lequel Jean Luc Moudenc ne laisse aucun moyen Ă  l’opposition de s’exprimer alors mĂȘme que cela impacte et va impacter de plus en plus la vie quotidienne des personnes les plus fragilisĂ©es par la crise, c’est la question des extensions de terrasse qui sont soit disant destinĂ©es Ă  sauver les commerçants. En rĂ©alitĂ©, les personnes Ă  mobilitĂ© rĂ©duite et notamment les personnes aveugles sont maintenant privĂ©es de leur libertĂ© de circuler de maniĂšre autonome en ville alors que la majoritĂ© des terrasses accordĂ©es concerne les plus gros Ă©tablissements et l’on peut constater que les commerces qui Ă©taient dĂ©jĂ  favorisĂ©s, le sont encore plus. Les liens d’amitiĂ©s qui lient un certain nombre d’entre eux avec Jean Luc Moudenc sont ils le fait du hasard ? 

Il faut savoir que les personnes aveugles pour pouvoir se dĂ©placer de maniĂšre autonome en ville se guident avec leur canne en longeant les façades des immeubles et sont alertĂ©es par des marquages au sol pour les changements de direction et pour s’orienter. En laissant les terrasses s’installer de maniĂšre anarchique et notamment le long des façades, la Mairie a rendu impossible la circulation autonome des aveugles. De la mĂȘme maniĂšre les personnes qui se dĂ©placent en fauteuil roulant sont obligĂ©es de circuler sur la chaussĂ©e au risque de se faire renverser par une voiture parce que les trottoirs sont encombrĂ©s par les terrasses et que la police municipale se garde bien de faire respecter les engagements pris officiellement par la Mairie avec les commerçants. Des associations de riverains se sont dĂ©jĂ  plaintes, notamment des nuisances sonores, mais elles ne sont pas plus Ă©coutĂ©es que les associations de personnes handicapĂ©es qui n’ont mĂȘme pas Ă©tĂ© invitĂ©es Ă  dĂ©battre d’un sujet qui les concerne pourtant au premier chef.

Pour le reste, Ă  cause de mon dĂ©mĂ©nagement qui a beaucoup dĂ©sorganisĂ© ma vie personnelle, sans parler des problĂšmes rĂ©currents d’auxiliaire de vie Ă  domicile, je n’ai pas rĂ©ussi Ă  prĂ©parer Ă  temps deux interventions que je comptais faire : une sur la tarification pour les personnes Ă  mobilitĂ© rĂ©duite au théùtre du Capitole et Ă  la Halle au Grain. Et une autre sur la maniĂšre dont sont traitĂ©s les clubs sportifs des quartiers dits « populaires ».  Malheureusement quand j’ai fini de prĂ©parer mes interventions, je me suis rendue compte que les dĂ©libĂ©rations concernĂ©es Ă©taient dĂ©jĂ  passĂ©es ! Ces conseils municipaux et mĂ©tropolitains sont trĂšs intensifs et difficiles Ă  suivre pour des personnes qui prĂ©sentent comme moi des troubles cognitifs. Jean Luc Moudenc considĂšre ces instances comme des chambres d’enregistrement et il blinde les ODJ de façon Ă  fatiguer l’opposition.

Comptez sur moi pour me battre au maximum de deux maniÚres : en opposante résolue, bien sur, chaque fois que les droits des toulousains seront bafoués mais aussi, en étant une force de proposition et en utilisant toute ma singularité pour proposer des innovations.

La question qui reste maintenant est de savoir si Jean-Luc Moudenc est dĂ©cidĂ© Ă  jouer de mes dĂ©ficiences, singularitĂ©s et incapacitĂ©s pour m’empĂȘcher de mener Ă  bien mes missions Ă  Ă©galitĂ© avec les valides en me refusant des moyens suffisants de compensation de mes handicaps. J’ose espĂ©rer qu’aprĂšs l’homophobie, il ne versera pas dans l’handiphobie
 !

Et qu’au contraire il rappellera Ă  ses amis politiques et notamment Ă  la secrĂ©taire d’État en charge des personnes en situation de handicap que c’est trĂšs bien d’inciter les personnes en situation de handicap Ă  s’engager en politique mais que c’est encore mieux de permettre l’application de la loi avec des textes rĂ©glementaires qui rĂ©pondent rĂ©ellement aux besoins. En qu’en attendant cette nĂ©cessaire Ă©volution, il aura Ă  cƓur de dĂ©montrer en acte la rĂ©alitĂ© de sa politique dite « inclusive ».

Pour l’instant je bĂ©nĂ©ficie d’une aide en partie bĂ©nĂ©vole mais cela s’arrĂȘte dĂ©but Septembre. Merci d’ailleurs Ă  Nikola pour son aide.

4- La suite

Je suis en train de rĂ©aliser un site internet sur lequel seront publiĂ©es les vidĂ©os, j’y partagerai aussi les ordres du jour des conseils de la ville et de la mĂ©tropole dĂšs que je les aurai, c’est Ă  dire 5 jours avant et j’inviterai tous les toulousains qui le souhaitent Ă  contribuer sur les sujets posĂ©s. Donc guettez les rĂ©seaux sociaux, le site est bientĂŽt prĂȘt !

Autre prĂ©cision, il est important de rappeler que le fonctionnement dĂ©mocratique tel qu’il est instituĂ© ne permet pas d’intervenir sur d’autres sujets que les dĂ©libĂ©rations proposĂ©es. Il y a nĂ©anmoins possibilitĂ© de poser des questions diverses mais on doit le demander Ă  l’avance.

Je souhaite aussi accompagner les toulousains et ĂȘtre Ă  leurs cĂŽtĂ©s dans les combats qu’ils voudront mener Ă  l’échelle de la ville mais aussi Ă  l’échelle de chacun de leurs quartiers de façon Ă  faire remonter leurs difficultĂ©s et leurs demandes. Dans cette optique je compte rĂ©aliser rĂ©guliĂšrement tout au long de mon mandat des vidĂ©os qui seront des occasions de donner la parole Ă  des toulousains concernĂ©s et de visibiliser les problĂ©matiques et les luttes diverses.

Cliquez pour télécharger :

La vidĂ©o sympa des 2 Ă©lues LFI d’Archipel qui dĂ©cryptent les 1ers conseils sur un mode humoristique (juillet 20)

Partager l'article

CoNSULTEZ LES derniers articles du blog