24 novembre 2020

…me voilà convoquée de nouveau devant le Tribunal correctionnel de Toulouse pour avoir violé l’interdiction de manifestation.

Rappelons les faits : j’ai été accusée l’année dernière d’avoir violenté des policiers en utilisant mon fauteuil roulant comme une “arme par destination”.

No joke, ça a fait le tour du monde de New York à Pékin .

Cette accusation peut sembler extrêmement ridicule, et pourtant…

extraits des sites d’info parlant de ma condamnation pour “violences” envers des policiers

Le 6 décembre dernier, la justice de notre beau pays m’a condamnée à :

▪️ Un an d’interdiction de manifester en Haute-Garonne.
▪️ 2 mois de prison avec sursis pour “violences volontaires”.
▪️ Dédommager les policiers “blessés”.

Évidemment, je conteste cette accusation ainsi que les autres (qui ont heureusement sauté).

Les preuves sont d’ailleurs de mon côté comme en témoignent les nombreuses vidéos (et oui les jeunots, il était encore possible à cette époque de filmer les policiers en exercice 🤓).

Exemple : On voit ici un policier manipuler mon fauteuil, me propulsant dans le camion de police : https://youtu.be/KZMp3ovxkFo

Malheureusement, cette vidéo n’a pas été examinée lors du procès au motif, invoqué par le procureur, qu’elle n’aurait pas été donnée “dans les règles”.

Ma condamnation n’a donc été rendue possible que par la non-exploitation des preuves que j’apportais. Mes opposants, eux, ont profité de cette situation pour me dépeindre comme une dangereuse manifestante… en oubliant de me qualifier aussi de suicidaire !!!

Un tel qualificatif n’aurait pourtant pas été de trop dans la mesure où l’impact soi-disant “volontaire” entre mon fauteuil et le camion de police m’a valu 5 fractures au pied et de nombreux hématomes sur tout le corps (âmes sensibles, s’abstenir) :

Bref : j’ai été condamnée il y a bientôt un an et j’attends toujours une convocation devant la cour d’appel pour pouvoir apporter les preuves que j’ai à ma disposition afin de contester cette décision judiciaire que je ne peux qualifier autrement que de décision politique.

Maintenant parlons de ce qui me pousse à vous écrire aujourd’hui.

Comme ça a été mentionné dans mon communiqué, j’ai été convoquée hier au commissariat pour avoir violé l’interdiction de manifester en Haute-Garonne.

Ayant fait appel, cette interdiction aurait du être suspendue.

Cela n’a jamais été fait.

Le juge de première instance a volontairement usé de son pouvoir exceptionnel d’exécution provisoire pour contourner l’effet suspensif de l’appel.

La femme que je suis devait sans doute représenter une grave menace pour l’ordre établi…

Si j’ai pris acte de cette décision, il est vrai que j’ai sciemment exercé mon droit à manifester dans un contexte particulier : celui d’une crise sanitaire.

C’est parce qu’il m’était impossible de me taire face à l’incurie de ce gouvernement que je suis sortie dans la rue. J’aurai préféré que les choses se passent autrement. J’aurai préféré ne pas avoir à braver l’interdiction de manifester qui pesait sur moi.

Mais la gestion déplorable de cette épidémie m’était bien trop intolérable pour que je reste sage et muette en comptant les morts.

En tant que personne en situation de handicap mais aussi en tant que présidente de l’association Handi-Social, je suis sortie dans la rue afin de revendiquer des moyens pour l’hôpital public car l’idée de trier les patients selon des principes utilitaristes EST insupportable. Trier les patients cela veut dire concrètement que des personnes se voient refuser l’accès en réanimation uniquement au motif de l’âge ou du handicap.

Plus concrètement encore, cela veut dire être condamné à mort.

Je serai donc convoquée devant le Tribunal correctionnel de Toulouse au mois de février prochain autant pour avoir manifesté contre le sacrifice des personnes âgées et handicapées et apporté mon soutien aux soignants tout en demandant plus de moyens pour ces derniers.

Quant à la loi Sécurité globale pour laquelle j’ai pris la parole lors d’un rassemblement déclaré et autorisé le 17 novembre c’est tout simplement parce que si cette loi avait existé lorsque j’ai été victime de violences policières, je n’aurai aujourd’hui aucun moyen de pouvoir un jour prouver mon innocence et la culpabilité de ceux qui m’ont blessé

Pourquoi j’ai manifesté malgré l’interdiction :

lien vers mon CP