Odile MAURIN

Odile Maurin au MEETT contre des congrès au début du Conseil métropolitain du 24 juin avec l'écran qui diffuse le conseil en fond d'image
Par Odile MAURIN

Par Odile MAURIN

CONSEIL DE TOULOUSE MÉTROPOLE – 24 JUIN 21 – MES INTERVENTIONS

Actualité en construction !

Il s’agissait du 3e Conseil de la Métropole toulousaine qui se tient pour la première fois au MEETT, qui illustre les dépenses somptuaires de la Métropole au profit des acteurs privés type GLEvent et non au bénéfice de la population. Une gabegie… Et en plus ils ne sont même pas capable de respecter les règles d’accessibilité sur le neuf… Et encore moins la qualité d’usage.

C’est justement un des thèmes de mon propos liminaire au nom du groupe AMC Alternative pour une Métropole Citoyenne : la Conception universelle, afin de n’exclure personne !

Je siège avec le Groupe AMC (Alternative pour une Métropole Citoyenne) composé du maire Marc Péré et d’une adjointe de l’Union, Brigitte Bec, et d’élus de Toulouse de la liste Archipel Citoyen (une majorité d’élu non mandatés par des partis, Caroline Honvault, Maxime Le Texier, François Piquemal, Jamal El Arch, un élu tiré au sort Aymeric Desheurles, et 2 élus issus de la LFI, Agathe Roby et Hélène Magdo). Nos 2 co-présidents sont Marc Péré et Hélène Magdo.

Liens vers les délibérations et les voeux sur lesquels je suis intervenue:

Vous pouvez retrouver ci-dessous mes interventions, avec indication des délibérations concernées, et copie de ces délibérations, puis les vidéos de mes prises de parole et des réponses :

A noter que je ne dispose pas encore des vidéos du conseil traduites en Langue des Signes Françaises, mais dès que ce sera le cas, j’ajouterai lien ici, et en attendant, les vidéos sont sous-titrées avec mes modestes moyens quand c’est possible.

PROPOS LIMINAIRE

Mon intervention en liminaire pour le groupe Alternative pour une Métropole Citoyenne lors du Conseil de Toulouse métropole #ConceptionUniverselle #democratie #Moudenc #CAME #échec

vidéo d’O Maurin du liminaire du Conseil métropolitain

Texte de mon intervention :

De la question sociétale de l’usage des Villes (zones urbaines) pensées pour chacune et chacun (et non pour le plus grand nombre)

Monsieur le président, chers collègues,

C’est un exercice singulier auquel je vais me livrer aujourd’hui devant vous, puisque mon propos liminaire intervient après une première année de mandat, et ceci dans un contexte pluriel et inédit, de crise sanitaire, économique, sociale et démocratique. Crise qui ne nous affecte pas tous également, touchant d’abord les plus fragiles.

Je voudrais d’abord remercier ceux qui ont voté à plus de 48% pour la liste Archipel citoyen, et qui sont donc responsable de ma présence aujourd’hui avec vous, présence détonante, tant il est rare qu’une personne en situation de handicap accède aux fonctions électives. Surtout s’agissant d’une autiste, et quand cette différence, invisible de prime abord, se cumule avec un handicap moteur bien visible. Mon fonctionnement peut certes surprendre, déranger, mais il donne aux esprits éclairés et curieux, l’occasion d’un prisme et d’une vision qui donne une lecture différente et enrichissante, forcément complémentaire des enjeux de notre métropole.

 Je voudrais aussi saluer tous les habitants qui n’ont pas pu élire directement leur président de métropole, ni leurs conseillers métropolitains, et qui vont voir accentué le déséquilibre entre Toulouse et les autres territoires métropolitains : 91% des grands projets financés se trouvent à Toulouse dans la PPIM que nous votons aujourd’hui. Si nous n’avons pas le pouvoir de changer les règles électorales, nous avons néanmoins le pouvoir de remettre les citoyens au centre des décisions, en les consultant mieux et bien davantage. La co-construction permet de favoriser l’intelligence collective et d’aboutir à des décisions partagées, donc mieux acceptées.

Ce qui m’oblige à vous parler des deux principaux plans structurants de notre métropole qui ont été annulés par le Tribunal administratif de Toulouse. Le PLUi-H, qui définit toute la stratégie de notre ville en terme d’urbanisme et de logement, était insincère et ne permettait pas de modérer la consommation d’espaces de nature. accélérait au contraire le processus par rapport au plan précédent. Cette décision laisse dans l’incertitude bon nombre de gens : il faudra au moins 3-4 ans pour valider un nouveau PLUi-H. 

Le PDU, document qui planifie tous les projets de transports de l’agglomération jusqu’en 2030, annulé lui aussi, faute de présentation de scénario alternatif. Les alertes ont pourtant été nombreuses dès 2017 (de la MRAE, de la Chambre régionale des comptes, du CODEV) et les alternatives existaient, mais elles n’avaient pas été prises en compte. Plus grave, ce plan prévoyait une augmentation de 9% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, contredisant les objectifs du Plan Climat de la Métropole. Cette annulation, prévisible, fait prendre un nouveau retard considérable à la politique de transports de notre agglomération, et montre de l’inconscience sur les problèmes environnementaux.

L’obligation des Zone à Faibles Émissions (ZFE), qui restreignent l’accès aux véhicules les plus polluants, découle de nos manquements et n’a absolument pas été anticipé alors qu’elle était prévisible. La majorité n’essaie aucunement de diversifier l’usage des modes de transports et reste bloquée sur le tout voiture. Elle compte sur un renouvellement de la flotte automobile, ce qui est une aberration, car malgré les aides, une grande partie de la population toulousaine n’aura pas les moyens de s’acheter un véhicule électrique. Rien n’a été pensé, anticipé, pour permettre de se déplacer autrement, avec un maillage dense de transports en site propre, cadencé, avec une forte amplitude et fréquence horaire.

Le périmètre retenu reste discutable avec le risque des embouteillages déplacés, voire augmentés, et plus d’exclusion sociale. Et un accompagnement insuffisant qui crée par ricochet une 2e rocade. Sur ce sujet, le manque d’anticipation et de vision à long-terme sont criants. D’autant plus que la 3e ligne de métro a été retardée à 2028. Alors même qu’il existe une solution de RER, soutenue par nombre d’entre vous et porteuse de premières solutions à brève échéance. Nous ne pouvons plus nous contenter de mettre en avant l’augmentation de fréquentation des Linéo alors qu’elles ne reflètent que le retard accumulé.

Nous avons besoin d’un vrai coup de collier sur le vélo et d’investir pour la circulation piétonne. D’ici 3 ans, c’est 40% du parc automobile de la métropole qui pourrait se retrouver interdit de circuler dans la ZFE. Il est urgent que les mesures contraignantes s’accompagnent d’alternatives structurantes, et bénéfiques pour tous les habitants et habitantes de la métropole. Continuer les projets routiers en comptant simplement sur le renouvellement de la flotte auto est un contresens. Et n’ignorons pas les nouveaux mouvements de population qui cherchent à s’éloigner des grandes villes. N’offrir aucune alternative de transports en commun ambitieuse avant 2028 est irresponsable.

Après les crises que nous avons traversées, et qui sont loin d’être finie, nous avons grosso modo deux choix pour notre métropole. Poursuivre à fond la CAME ou passer à l’écologie de la santé. La CAME, vous le savez, ce stupéfiant légal résumé par son acronyme, c’est à dire la compétitivité, l’attractivité, la métropolisation et l’excellence, qui sous-tendent les politiques publiques de notre métropole.

Face à une mythologie séduisante dans le champ du développement économique, face à un impératif de compétitivité, il conviendrait de soutenir les métropoles en concentrant les efforts sur l’excellence. Non seulement la CAME ne produit pas les effets attendus, mais elle provoque des effets indésirables. Les ressources publiques étant limitées, les dédier fortement à quelques acteurs (startups, chercheurs jugés « excellents » …) ou à quelques lieux (métropoles) conduit à renforcer les inégalités socio-spatiales.

Nous appelons donc à un revirement, au dialogue, à la sincérité, à la responsabilité, à l’anticipation. Abordons ces schémas avec un nouvel état d’esprit, bien plus inclusif ; nous voudrions vous inviter à vous appuyer notamment sur le concept d’ ”Universal design”, c’est à dire de conception universelle. En partant des besoins des plus empêchés comme prisme du Bien Vivre ensemble de Toutes et Tous.

La conception universelle consiste à mettre en œuvre les conditions d’accès communes de tout à tous quel que soit son statut, ses origines, ses capacités, son âge, son genre, son orientation sexuelle, ses croyances, ou ses convictions. Elle prend en compte toutes les singularités et besoins des personnes les plus vulnérables et empêchées, et représente une réponse aux besoins des personnes handicapées, des personnes âgées dépendantes, des familles avec de jeunes enfants et des poussettes, et d’autres, tout en constituant un confort et une qualité de vie pour tous.

Il faut dépasser les espaces organisés et normés par et pour des personnes valides.  C’est ce qu’on appelle le validisme, une discrimination fondée sur l’incapacité liée au handicap ou aux effets de l’âge. Bien sûr, il n’est pas évident de se remettre en question, comme certains l’ont déjà fait pour d’autres types de discriminations tel que le racisme, l’homophobie : ces discriminations ont en commun qu’elles peinent à être comprise par le « groupe dominant » qui considère sa propre image comme étant le modèle selon lequel l’humanité devrait être. Il ne s’agit pas de lutter contre les valides, tout comme lutter contre le sexisme n’est pas lutter contre les hommes, mais bien de dénoncer un système de pensée, de fonctionnement très ancré dans nos sociétés et souvent involontaire.

Il n’existe pourtant pas de lien naturel entre le fait que vous soyez en situation de handicap et le fait que vous ne puissiez accéder aux mêmes droits que les autres, par exemple aller à l’école, accéder à l’emploi, avoir une vie amoureuse épanoui.

De même, pas de lien naturel entre la dépendance liée à l’âge et le fait de finir vos jours dans un Ephad. Et si vous êtes confrontés à ces difficultés, c’est parce que ces difficultés sont un problème lié à l’organisation spatiale, sociale et sociétale, et tout cela peut changer. L’inclusion ne revient donc pas à concéder une place, ni à blâmer quiconque inlassablement, mais consiste à transformer les règles, les usages et les principes en vertu desquels les places sont distribuées.  

Retenons aussi cette prévision démographique : entre 2020 et 2030, la population âgée de 75 à 84 ans augmentera de 30%. Du jamais vu dans l’histoire !

C’est pour cela aussi que nous devons arrêter de construire encore des logements neufs inaccessibles, inadaptés au confort de tous les âges et de toutes les situations de la vie. C’est malheureusement ce que nous construisons depuis plus de vingt ans sous la dictée d’une réglementation en place depuis plus de quarante ans. Économiquement, nous le payons cher par un coût d’adaptation à posteriori trop élevé, trois fois supérieur à celui de la Suède !  En 2021, préparons l’avenir en adaptant tous les logements neufs dans la perspective de 2030.

Nous devons faire en sorte que « la vie à domicile ne se transforme pas en assignation à résidence », je cite Jean-Luc Broussy, président de France silver eco. Et sortir les personnes âgées du ghetto médicosocial. Le logement adapté n’a de sens qui si ses occupants peuvent sortir de chez eux. De ce constat découle « la nécessité pour les maires d’une politique à 360° », je cite toujours Broussy.

La troisième grande thématique concerne l’adaptation des mobilités. L’enjeu est de taille, puisque le rapport rappelle qu’un piéton qui décède sur deux a plus de 65 ans. La mobilité est en outre un facteur essentiel pour éviter l’isolement social. Les solutions proposées passent notamment par l’adoption, par chaque ville, d’un plan de protection des piétons âgés et fragiles, type « Code de la rue », pas seulement à Toulouse, conciliant sécurité des piétons et nouveaux modes de transports urbains.

Il nous faut donc travailler à la manière dont nous construisons l’espace public de façon à l’adapter réellement à tous, du jeune enfant au vieillard, en passant par les femmes, les personnes à mobilité réduite. Nous devons sécuriser l’espace public et réserver davantage d’espace aux piétons, aux PMR et aux cyclistes en veillant à ne pas mélanger les flux car les différences de vitesse de déplacements sont accidentogènes, mais ont aussi un impact la capacité de nos ainés à gérer le stress de circuler dans des lieux non-sécurisés.

Les crises que nous avons traversé pendant cette première année de mandat se lient entre elles, s’aggravent, cela n’a échappé à personne. Jean-Luc Moudenc n’a été élu que par 12% des habitants, 22% des inscrits. La démocratie, le respect aurait dû redevenir le centre de la politique de notre métropole, en engageant des dialogues constructifs avec les habitants et l’opposition, en faisant de la place aux autres villes que Toulouse, en remettant en question ses schémas de pensées, sans rester figer dans une position arriérée. A la place, nous avons eu entêtement et déni.

Il nous faut sortir des incantations, de l’idéologie et passer aux actes pour l’écologie et les droits de l’humain. Pour cela, le groupe Alternative Métropole Citoyenne saura dénoncer mais aussi être force de proposition.


5.4 Contrat de concession pour la modernisation et l’exploitation du parc de stationnement en ouvrage du Capitole : adoption de l’avenant n°8-DEL-21-0532

Délibération soumise au vote du conseil :


7.2 Contrat de Ville 2015-2022 : approbation du Protocole d’Engagements Renforcés et Réciproques (PERR)-DEL-21-0497

Délibération soumise au vote du conseil :

Texte de mon intervention :

Monsieur le président, chers collègues,

Assurer ou restaurer la mixité dans les quartiers politiques de la ville peut sembler de prime à bord une louable intention. Mais quand assurera-t-on, restaurera-t-on la mixité dans certains quartiers habités essentiellement par les populations les plus aisées ? Quand luttera-t-on enfin contre le séparatisme des plus riches ? Pour cela il faudrait commencer par mettre fin à la règle qui exonère de logements sociaux les constructions sur des parcelles inférieures à 2 000 mètres carrés, qui s’appliquent par ailleurs. Parce que si l’ont réduit la part de logements sociaux et surtout très sociaux dans les QPV, mais que l’on n’en construit pas ou insuffisamment sur le reste de la ville, ce n’est plus de la mixité sociale que l’on fait, c’est de la gentrification ; et c’est précisément le type de politique qui conduit à une augmentation majeure du nombre de demandeurs de logements sociaux relevant du PLAI, et donc à une embolisation de l’accès au logement social qui impacte durement ceux qui sont censés être les premiers bénéficiaires de l’accès au logement social.

Le contrat de ville est un échec, et il serait temps de changer de logiciel de lecture, sauf à vouloir continuer à enrichir les promoteurs au détriment des populations qui ont le plus de mal à se loger.

Par ailleurs, sur le contenu du document, les orientations stratégiques restent grosso modo les mêmes d’années en années sans que pour autant la vie des habitants de ces quartiers s’améliorent. Il serait donc temps de se donner les moyens de réaliser les politiques annoncées, ou d’en changer.

Lutter contre toutes les formes de discriminations se limite à parler d’accès à l’emploi et de lutte contre les inégalités femme-homme, comme si elles n’existaient que dans les QPV, et parler de valorisation de l’image du quartier, sans aucune proposition d’actions contre le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie. Quant au validisme, cette discrimination fondée sur les capacités liées aux handicaps ou à l’état de santé, il est totalement absent.

Et sur la “Poursuite de la lutte contre les trafics de stupéfiant” c’est un échec dont visiblement les pouvoirs publics refusent toujours de tirer les leçons.

On peut par contre s’étonner que certains indicateurs soient écartés comme le taux d’obésité chez les enfants ou la taille des logements sociaux, sous divers prétextes fallacieux, et surtout, il serait important que les chiffres résultant de ces différents indicateurs soient comparés aux mêmes indicateurs dans des quartiers différents. Nous aurions aussi quelques indicateurs à vous proposer et dont la comparaison avec ceux de quartiers hors-politique de la ville seraient sûrement très intéressant. En voici quelques-uns :

  • Le nombre de titulaires de l’APA
  • Le nombre de titulaires de l’AAH ou d’une pension d’invalidité
  • Le nombre de demandeurs de logements sociaux qui ont rempli le volet handicap
  • Le nombre de demandeurs qui ont un dossier DALO accepté
  • Le nombre de logements construits répondant aux normes d’accessibilité

Le tout comparé aux mêmes indicateurs dans les autres quartiers.


12.3 Infrastructures de Recharge pour Véhicules Électriques : adoption des redevances d’occupation du domaine public-DEL-21-0689

Délibération soumise au vote du conseil :

Texte de l’intervention présentée par mon collègue Aymeric Desheurles que je remercie :


14.12 Site Paléficat Rives de l’Hers (Toulouse) – Concession d’aménagement : approbation du Compte Rendu Annuel d’activités à la Collectivité Locale (CRACL) 2020 – Oppidea-DEL-21-0400

Délibération soumise au vote du conseil :

Texte de mon intervention :

Monsieur le président, chers collègues,

Je voudrais d’abord saluer la qualité de la vision d’Oppidea quant à ce qui pourrait et devrait se faire sur la zone Paléficat/rives de l’Hers qui reste l’un des rares quartiers de Toulouse non-urbanisés, avec une faune et une flore particulièrement riche.

Le problème, c’est que l’on est dans la situation d’une personne à qui l’on a vendu du rêve, un superbe voyage vers les plages d’une île paradisiaque, et qui atterri sur la sortie d’égouts d’une grande ville du Pacifique.

S’il y a bien eu constitution d’un groupe citoyen, auquel je participe d’ailleurs, on ne peut pas dire qu’il y ait eu une grande publicité pour permettre aux habitants et aux associations du quartier de postuler pour participer à ce groupe citoyen. En plus, les réunions se sont enchainées tambours battants, et il était visiblement urgent de lancer le dialogue compétitif et peu importe si les citoyens et les associations n’avaient pas toutes les réponses à leurs nombreuses questions, et s’il est très vite apparu que nous n’étions là que pour choisir la couleur des rideaux. Tout était verrouillé d’avance et quand les habitants ont voulu parler densité de construction, ils se sont vu opposer des données qui seraient issues du SCOT et qui n’étaient pas négociables.

La délibération nous précise que “l’intensité urbaine respectera le SCOT (70 logements à l’hectare) ainsi que les objectifs de mixité sociale fixés dans le programme d’orientations et d’actions du PLUiH en vigueur”. Or le PLUiH n’est plus en vigueur, et cela interroge donc sur les moyens donnés aux agents de la collectivité pour actualiser les documents et s’assurer de la qualité du travail présentés à l’ensemble des élus afin qu’ils soient parfaitement informés.

Surtout, nous aimerions savoir en quoi une densité de 70 logements à l’hectare respecte vraiment le SCOT ? Nous sommes impatients d’avoir vos réponses argumentées et étayées.

D’autant que face au groupe citoyens, il y a eu une débauche étonnante de communicants, d’agents de la métropole et d’Oppidea, qui finissaient par être plus nombreux que les citoyens… 

Par contre, personne pour actualiser la délibération et mettre à jour le calendrier pour informer les élus de l’interruption des travaux avec le groupe citoyen et donc de l’absence d’audition des trois équipes postulantes.

Tout ceci interroge sur la sincérité des documents présentés aux votes des élus, et cela rappelle furieusement la problématique de la sincérité du PLUiH que vous avez fait voter aux élus en 2019 et qui a fini annulé.

Les 38 000€ dépensés pour organiser la concertation, sont essentiellement des dépenses de communication qui n’augurent de la qualité de la concertation. C’est comme pour la rue de Metz, où nous serions curieux de connaitre le coût de la concertation qui a abouti à a peine plus de 150 réponses, pour choisir de quel côté planter les arbres, alors que l’association Archipel citoyen avec ses moyens financiers ridicules a recueilli l’avis du double des personnes sur l’ensemble du projet.

Et c’est là que nous nous sommes retrouvés dans Astérix contre les romains, en mode soft, je vous rassure, et que toutes les qualités de nombre de nos concitoyens se sont heureusement manifestées, démontrant à quel point l’intelligence collective est un formidable moteur.

Insatisfait des réponses qui nous étaient données, et n’acceptant pas d’être instrumentalisés, nous nous sommes réunis, et nous avons commencé à éplucher le PLUi-H, le POA, le SCOT, le PCAET, pour découvrir finalement que les informations communiquées par Oppidea étaient tronquées, et ne correspondaient pas aux préconisations des schémas précités. Nous précisons ici qu’il serait trop facile de mettre Oppidea en cause dans cette affaire, alors que les responsables, ce sont les élus et leurs choix politiques.

Nous ne nous connaissions pas pour nombre d’entre nous, et cela nous a permis de créer des liens qui vont nous permettre d’être désormais une force de proposition collective. Nous ne pouvons que regretter que les élus de la majorité n’aient toujours pas compris tous les bénéfices à tirer d’une concertation transparente, de qualité, à laquelle toutes les personnes directement ou indirectement concernées sont réellement invitées à participer. Tant que la majorité continuera à décider sans les habitants en tentant d’en instrumentaliser une partie, il ne faudra pas qu’elle s’étonne de la multiplication des contentieux qui ne peuvent que naitre de telles pratiques.


14.21 Pôle économique du MEETT (Aussonne, Beauzelle, Cornebarrieu) : approbation du Compte Rendu annuel d’Activités à la Collectivité Locale (CRACL) 2020 – Europolia-DEL-21-0428

Délibération soumise au vote du conseil :

Texte de mon intervention :

Monsieur le président, chers collègues,

Comme vous le savez, le soutien financier de la collectivité à l’égard du monde des grandes entreprises, fait débat. Contrairement à ce que certains voudraient faire croire, nous ne sommes pas des idéologues, et c’est pour cela que nous souhaitons aborder la question de manière pragmatique. Car ce qui nous importe, in fine, c’est que l’argent public servent l’intérêt général.

C’est pourquoi il nous semble important dans ce type d’opération que soit finement évalué, d’une part l’ensemble des coûts directs et indirects pour la collectivité, et d’autres part, l’ensemble des bénéfices pour les habitants du secteur concerné. Pour un euro d’argent public, combien d’euro de bénéfice ou d’économie réalisé ?


16.1 Toulouse – Aménagement des Allées de Bellefontaine, du Parvis du métro et du Parc Clairfont ouest : approbation du dossier Avant-Projet et du coût prévisionnel-DEL-21-0556

Délibération soumise au vote du conseil :

Texte de mon intervention :

Monsieur le président, chers collègues,

Nous notons tous l’intérêt de d’une requalification de l’espace urbain autour du métro Bellefontaine. Cependant, encore une fois, ce projet s’est construit sans la majorité des habitants et usagers du site. Aucun des amis et connaissances que nous avons dans le quartier n’étaient au courant de ce projet.

En outre, alors que les agents de la métropole en charge des questions d’accessibilité ont été consulté sur le projet et qu’ils ont, aux dires de la collectivité, émis des réserves notamment sur les marches en sifflets prévues en lieu et place de la trémie qui sera rebouchée, ces marches sont malgré tout restées dans le projet présenté alors qu’elles sont dangereuses, voire interdites.

Il est inquiétant que les alertes sur l’accessibilité passent régulièrement à la trappe et que les questions budgétaires prennent régulièrement le pas sur la qualité d’usage des réalisations de la collectivité. C’est une vision à court terme de l’aménagement de l’espace public qui est coûteuse à terme, car d’une part elle oblige tôt ou tard à réaménager, et elle produit de l’accidentologie, quand elle ne dissuade pas nos aînés et les plus fragiles de sortir de chez eux. Alors qu’a contrario, quand les ingénieurs et urbanistes sont correctement formés à la conception universelle, à des espaces qui n’excluent personnes, les surcouts sont nuls, ou quasiment.

Certains penseront que cette intervention concerne un point de détail, un élément mineur, et pourtant, c’est la somme de détails considérés comme mineurs qui fait ou non la qualité d’un projet dans la durée.


18.1 Approbation du Pacte Urbain Linéo 10-DEL-21-0676

Délibération soumise au vote du conseil :

Texte de mon intervention :

Monsieur le Maire, chers collègues,

Cette délibération illustre une nouvelle fois le grand écart qu’il y a entre vos déclarations et vos actes.

Ce Linéo 10 parcourra près de 11km en 45min en heure de pointe et ne bénéficiera que de trois kilomètres et quelques de couloir bus.

Or vous dites agir dans l’objectif d’assurer une articulation plus efficace entre les politiques urbaines et de mobilité dans les secteurs desservis par le Lineo 10. Vous mettez notamment en avant comme principes attendus la qualité urbaine dans la zone d’influence des stations, la préservation des possibilités d’insertion des transports en commun et l’amélioration de l’accessibilité multimodale. Vous précisez aussi que vous suivrez les recommandations de densité du SCOT, alors que j’ai encore démontré lors de ma précédente intervention à quel point vos affirmations sont sujets à caution.

Vous évoquez une projection d’accueil à l’horizon 2025 de 53 000 individus, dont plus de 35 000 dans le corridor d’attractivité du Linéo 10, mais sans tenir compte des effets de la crise en cours.

Par ailleurs, vous continuez à faire référence au PLUiH pourtant annulé, non pas par la faute de juges populistes, mais bien à cause de votre choix consistant à consommer trop d’espaces verts tout en affirmant le contraire. C’est en réalité la faute de vos choix politiques.

Pourtant, nous ne trouvons pas trace d’éléments sérieux et étayés qui permettent de dire que le Linéo 10, tel que vous le concevez à court terme, et faute d’arguments sur le moyen et le long terme, sera autre chose qu’un projet au rabais. Ce Lineo 10 ne permet pas le report modal nécessaire pour mettre fin aux désagréments du trafic excessif que connaît le nord toulousain.

Comme l’a dit une de nos collègues, élue à Lespinasse, vous n’êtes pas dans l’anticipation, mais juste dans la réaction par rapport à ce qui se fait déjà.

Vos projets manquent de vision et nous n’avons réseau de Linéo pensé globalement. Nous avons aussi des inquiétudes fortes sur l’augmentation réelle de la qualité de service et sur le maillage à venir. En effet lors de la présentation par Tisseo de l’étude de soutenabilité financière révisée le 14 juin, vous avez annoncé une augmentation de 12,7% du nombre de kilomètres parcourus par les bus Tisseo entre 2017 et 2030, soit moins de 1% d’augmentation par an. Ceci alors que ce chiffre prend en compte non pas le kilométrage réseau mais le nombre de kilomètres parcourus par les bus chaque jour, et ceci sans parler de la croissance démographique de la Métropole. Il nous manque donc la connaissance du maillage au kilomètre réel de votre plan de déplacement urbain mais il apparaît évident que l’offre bus ne progressera pas en kilomètres desservis.

Nous le verrons dans le futur PDU, l’actuel ayant été par ailleurs annulé lui aussi. Vous êtes d’ailleurs semble-t-il le seul maire de France à avoir encaissé dans le même temps deux échecs majeurs sur des documents programmatiques essentiels pour la ville et la métropole.

Encore une fois, vous voulez construire, mais vous ne dites pas comment vous allez rattraper le retard d’équipements publics existants autour du tracé de ce Linéo.

Il est d’ailleurs symptomatique que dans le paragraphe qui concerne le phasage du pacte urbain, vous évoquez entre 2020 et 2025 des objectifs de production de logements issus du PluiH et des emplois projetés, et ce n’est que pour la période 2025-2030 et au-delà que vous évoquez un urbanisme maîtrisé en lien avec les projets de transports. Ma grand-mère aurait dit que vous mettez la charrue avant les bœufs, et elle aurait eu raison ! Vous dites que le pacte s’attachera à rechercher les conditions pour assurer une meilleure performance de la circulation du Linéo 10, pour améliorer l’accessibilité en modes actifs et pour renforcer l’intermodalité entre les différents réseaux de transport, mais rien de prévu pour cela dans l’immédiat.

Votre Linéo 10 ne fera gagner que dix minutes entre Saint-Alban et La Vache.

Fenouillet et Lespinasse ne seront pas desservis. Et comme vous ne vous êtes toujours pas saisis de la question du RER toulousain, qui rassemble pourtant de nombreux maires, vous comptez attendre la réalisation des AFNT pour desservir la gare de Fenouillet. Vous préférez la vision à court terme de la conservation du stationnement en traversée de Saint-Alban, plutôt que des aménagements de bus en sites propres qui permettraient de grandement améliorer la vitesse commerciale de ce Linéo 10. Allez-vous encore construire sans conserver les emprises nécessaires pour permettre du bus en site propre, des pistes cyclables sécurisées et distinctes des cheminements piétons ? Nous constatons malheureusement, trop souvent, dans nombre de quartiers toulousains récemment urbanisés que les cyclistes ont le choix entre risquer se faire écraser par les voitures, ou aller sur le trottoir mettre en danger les piétons et les PMR.

Pour renforcer l’accessibilité métropolitaine, et la fluidité des déplacements, le SCOT préconise d’anticiper les besoins en infrastructures de transport et de poursuivre le maillage du territoire en transports en commun structurants. Le périmètre d’engagement du pacte urbain est concerné par deux liaisons : une entre Fenouillet et Toulouse et une entre Castelginest et Fenouillet. Les gares situées dans ce périmètre sont aussi identifiées comme des points de rabattement majeurs du secteur.

Or comment délibérer valablement sur ce pacte sans avoir une vision précise des déplacements sur ce périmètre, et surtout comment peut-on vouloir construire sur un secteur où l’offre de transports continue à être complètement déconnectée des besoins immédiats et encore plus futurs.


18.3 Dessine-moi Toulouse : approbation du protocole de travail avec le lauréat de l’appel à projets sur le site OMS pour le déroulement de la phase de mise au point-DEL-21-0707

Délibération soumise au vote du conseil :

Texte de mon intervention :

Monsieur le président, chers collègues,

Concernant le protocole de travail pour le site OMS, le paragraphe “pollution chimique et pyrotechnique” a attiré notre attention. Sont évoqués une éventuelle pollution chimique résiduelle des sols, ainsi qu’une pollution pyrotechnique résiduelle, et le rappel que c’est la Direction Général de l’Armement qui était le propriétaire antérieur du site.

C’est pourquoi nous nous inquiétons de voir que c’est le groupement qui doit réaliser à ses frais les sondages et analyses préalables. Quelles assurances les futurs usagers du site ont-ils que les analyses ne se feront pas au rabais, que la dépollution sera réellement et complètement effective et que tout danger pyrotechnique sera écarté. Est-ce que cela a un rapport avec le départ de deux sociétés qui devaient être des acteurs majeurs du groupement ?

Nous ne voudrions pas que ce projet débouche sur des risques supplémentaires pour les Toulousains ou un éventuel contentieux comme celui que la ville a dû affronter avec le GIAT concernant la dépollution du terrain de la Cartoucherie. Dépollution qui ne permet toujours pas aujourd’hui de planter des légumes dans le sol de cet écoquartier !

Nous ne voudrions pas que l’appât du gain conduise à céder des terrains dont le sous-sol pourrait un jour mettre en danger la vie ou la santé de nos enfants et petits-enfants. Quelles garanties avons-nous que la collectivité et plus largement, que la puissance publique veillera à la sécurité de tous dans une période où les accidents industriels se multiplient à l’instar de Lubrizol, faute de contrôles en nombre et en qualité suffisante ? Rien dans les documents présentés aux élus ne répond à ces questions essentielles.

A noter que le paragraphe sur la résiliation anticipée du protocole n’est absolument pas rassurant puisque le seul motif avancé pour cette résiliation est, je cite : “l’hypothèse où les contraintes du site remettraient en cause la viabilité économique du projet”. Ni la santé ni la sécurité des populations n’est évoquée.

Partager l'article

CoNSULTEZ LES derniers articles du blog